J'avais

J'avais envie de poster mes douze photos pour les douze mois de l'année écoulée. Et puis...
J'avais envie de légèreté, de couture, de sac qui brille, de ressortir mon Canon, d'écrire un peu ici, de lire. J'avais envie de tout ça et puis il a fallu ravaler la colère et les larmes pour expliquer avec des mots simples l'inexplicable et la nécessité d'avancer et de tout faire pour que ça change. Mais faire quoi, hein?! 
J'avais envie...
Et puis j'ai écouté les voix familières des quotidiennes qui savent dire. J'ai pleuré oui, j'ai pleuré, pour étancher un peu la rage. J'ai regardé ce mouvement là partout, les coudes serrés, les crayons dressés. J'ai trouvé les mots, j'ai montré les visages, les dessins et le petit quotidien. Je me suis raccrochée aux mots. On a pris les vélos pour aller voir comment c'est quand on veut tous que ça change. Lire les pancartes. "Fraternité, fraternité, fraternité"... "Mais maman moi je trouve que la liberté c'est aussi important". Bien sur. Bien sur aussi, comme Bauchette je n'avais pas envie d'écouter certains chants. Bien sur, nous n'avions pas le badge parce que j'ai trouvé ça bien une heure et puis vite j'ai été un peu dérangée par cette idée. Non, je ne le suis pas. Je n'aurai jamais eu la force de l'être. Non, je ne le suis pas, même si je les ai lu souvent. Non, nous ne le sommes pas tous. Certainement pas. Mais nous étions tous là. Et après tout ce n'est pas la question. 
Et puis...
Et puis il y a eu les petits mots, les SMS, les post-it et les cadeaux cachés. Les pensées rien que pour moi cette fois. C'était un peu de douceur.
J'ai repris ma machine, j'ai rentré les notes des étudiants, j'ai sorti les palettes de peinture et les grandes feuilles, on a aidé "les transformers qui ont peur des autres" à s'apprivoiser et à partager, on a regardé les BD, on a ri, on a dansé et on a beaucoup pédalé. Fièrement. Courageusement.
On tangue encore un peu. Mais ça va aller...


2 commentaires:

  1. J'ai entendu ça dans la voiture en retournant au boulot. Mes collègues m'ont vu pleurer... Dans la foulée, de la colère, mais je n'ai rien dit , ça évite de dire des conneries. Après, il y a eu cette spirale, les infos en continu, le Facebook submergé, les mises en garde contre les amalgames, puis les manifs... Moi aussi j'avais ma feuille A4 qui disait que j'étais Charlie. Mais elle est restée bien au chaud dans ma poche. Tellement dérisoire. Etre là, ça suffisait. La Marseillaise , j'ai pas chanté non plus, tellement c'était déplacé. Au milieu de tout ce monde, me suis senti bien seul. Et malheureux de penser au malheur de ceux qui ne verront plus, ceux qui sont morts désormais.

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  2. Tes mots sonnent juste ! Et j'aime beaucoup la photo aussi. :)

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Je ne peux vous répondre que dans les commentaires ou sur vos blogs... Mais je suis toujours ravie de lire vos petits mots et de découvrir de nouveaux espaces...